04/05/2014

Sur les pavés



En 2008, j'écrivais déjà :

Nos trottoirs wallons ont désormais l'accent asiatique : les bordures sont chinoises et les pavés vietnamiens, des matériaux parfois 60% moins chers que les pierres belges et livrés dans de plus brefs délais. Hélas, dans de telles conditions, beaucoup craignent pour la qualité de la marchandise (de nombreux défauts ont déjà été constatés) et se posent de multiples questions au sujet de la longévité de ces pierres dans notre climat, fort peu comparable à celui de leur terre d'origine. Enfin, un autre détail qui a cependant son importance : les pavés chinois sont importés par bateau. On peut dès lors s'inquiéter pour la quantité de CO2 produite pour l'acheminement de chaque pavé.



Rien ne semble avoir changé...

En effet, ces derniers jours, la presse faisait mention du fait que les conseillers communaux Louis Maraite et Pierre Gilissen interpellaient l’échevin liégeois des Travaux au conseil communal de Liège à propos de la pierre wallonne qui se porte mal. Les pierres étrangères, asiatiques en grande partie, mais aussi indiennes ou turques, inondent le marché des pavés, malgré leur qualité nettement moins bonne.

Hormis la place Saint-Lambert, la place Saint-Etienne et quelques autres réalisations ponctuelles réalisées en pierres du pays, les autres chantiers ont fait appel aux pierres chinoises. On remarque que ces voiries ne tiennent pas le coup, elles se désagrégent sous la circulation ou forment de véritables trous.

A noter que devant la gare Calatrava, les pavés posés par la SNCB-Holding sont des pavés wallons qui restent impeccables.

Bref, autant payer un peu plus cher et éviter les travaux à répétition !

Commentaires

comment ces élu ne comprennent t'il pas ce que la pierre belge rapporte a la region en tva en main oeuvre ou alors ????????

Publié par honnay jean marie le lundi 5 mai 2014 à 8h03

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Bonjour,

Indépendamment du fait que je suis entièrement d'accord avec vous sur l'urgence sociale et environnementale de favoriser les matériaux locaux (quels qu'ils soient, d'ailleurs), dans le cas qui nous occupe, il ne suffit malheureusement pas de décréter l'utilisation de pierre du pays. En effet, les règles de marchés publics étant ce qu'elles sont, certains types d'adjudication et montants de travaux obligent une ouverture à la concurrence internationale, ce qui de fait, obligent les entreprises, même si elles sont belges, à se fournir sur le marché extra-européen en matière première (ce qui en dit long sur les conditions de travail des travailleurs des dits marchés, quand on sait qu'une pierre extraite et façonnée en Asie coute moins cher que son équivalent wallon). Il existe toutefois la possibilité d'inclure des clauses sociales et environnementales, mais actuellement celles-ci sont soit méconnues, soit sous exploitées. De plus certains critères (raisonnables) liés à l'exigence de qualité pourraient permettre de revoir de la pierre wallonne sur nos chantiers publics. Si le sujet vous intéresse, je vous renvois à http://www.pierresetmarbres.be/.
A cela s'ajoute la problématique des travailleurs détachés, faussant encore un peu plus le marché et dont les conditions de travail sur nos chantiers sont proches de l'esclavagisme (je le sais pour avoir vu des containers sur des chantiers servant de dortoir à une armada de travailleurs de l'est corvéables à merci).
Par contre, où je pense que vous faites erreur, c'est concernant le désagrègement des voiries. J'avance que même avec une pierre de qualité supérieure, le problème se poserait. En effet, la mise en œuvre des pavés est largement à mettre en cause dans ce cas ci. Si vous regardez une voirie réalisée en pavés de rue, vous constaterez que vous avez des joints de largeur équivalente de chaque côté des pavés (en x et en y). Or, lorsqu’il y a charroi, il faut impérativement que les pavés suivant un axe perpendiculaire au sens de la route se touchent afin d'éviter le déchaussement. Autrement dit, en regardant une route pavée dans le sens du passage, les joints horizontaux doivent être "inexistants" (puisque les pavés se touchent), seuls les joints verticaux "existent". Les pavés deviennent de ce fait autobloquants. Malheureusement, plus personne ne maîtrise la pose de pavés de rue, ce qui explique, nonobstant la qualité du matériau, l'état lamentable des chaussées récemment restaurées à grands frais.

Publié par Raf le mardi 16 septembre 2014 à 15h23

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